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#26 02-11-2007 19:37:12

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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

LA RESTRUCTURATION D'EMI
"Les labels ne peuvent pas encore miser sur les supports dématérialisés"
Le P-DG de Terra Firma, qui a racheté EMI pour 4,8 milliards d'euros en août, souhaite mettre de l'ordre dans la troisième maison de disque mondiale. Il entend choisir les artistes qui travaillent et modifier la rémunération des cadres. Est-ce suffisant pour redresser le groupe ?

- Le repreneur entend faire fructifier l'argent investi à moindre coût. C'est ce que font traditionnellement les fonds d'investissement après avoir racheté une société.
Mais je ne pense pas qu'on puisse rationaliser l'industrie de la musique, qui reste une industrie de prototype.
Par ailleurs, Terra Firma ne propose rien de nouveau. Les majors signent de moins en moins de contrats, et emploient moins de personnels chargés de la promotion.
“Le ménage“ est fait depuis plusieurs années. Résultat: de nombreux artistes, connus ou non, se retrouvent sans maison de disques.

La chute des ventes de disques est-elles l'unique raison de la crise ? Que pensez-vous de l'idée de Radiohead de laisser le client choisir le prix du disque sur internet ?

- Quasiment. La vente des disques est leur principale source de revenus, et elle s'érode depuis plusieurs années. C'est une industrie qui perd entre 10 et 20% par an.
Et pour l'instant, les maisons de disques ne peuvent pas compter sur la vente de musique dématérialisée. En France, le rapport entre les supports dématérialisés et les supports physiques est compris entre 5 et 7% en 2006. Aux Etats-Unis, il atteint déjà 12%.
Quant à l'idée de Radiohead, je trouve cela très bien. D'autant que l'album s'est vendu en moyenne au prix d'un album téléchargeable, entre 5 et 6 euros. Ce mode de distribution s'apparente davantage à un coup médiatique, et Radiohead a réussi.
Disons qu'à défaut d'avoir des revenus, il faut trouver des idées.

A l'heure où les supports de musique se multiplient (MP3, P2P…), quel avenir pour le disque ?

- Pas facile de se projeter. Ce support est amené à se faire rare ou à disparaître d'ici une quinzaine d'années. On va vers une ère de la dématérialisation, cela ne fait aucun doute.
Les questions restent en suspens pour les téléchargements, et le développement des écoutes sur téléphones mobiles. Peut-être que les supports seront remplacés par des connections à des sites spécialisés. On peut s'attendre à ce que les plateformes de musique à la demande, comme Radioblog ou Deezer, se développent. Quel intérêt de télécharger et d'occuper de la place sur son disque dur si on peut écouter à loisir les morceaux que l'on souhaite?
Le marché aura de nombreuses connections avec d'autres secteurs comme les télécoms. On peut imaginer le développement de baladeur-portables pour télécharger et écouter les musiques choisies. Cela aura forcément un impact sur la consommation et la rémunération de la musique.

Interview de Pierre-Marie Bouvery par Mélanie Coste
(le vendredi 2 novembre 2007)
nouvelobs.com


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#27 05-11-2007 21:28:23

Alphonse
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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

tant de jolis mots pour parler d'art tongue


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#28 21-11-2007 00:55:38

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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?


Par peur de discrédit, Universal refuse d'héberger les remixes de Nine Inche Nails

(20/11/2007)
http://www.ratiatum.com

Dans un billet publié hier sur nin.com, Trent Reznor annonce la sortie de Y34RZ3R0R3M1X3D. Il s'agit d'une compilation de remixes faits par divers artistes (dont deux de son pote Saul Williams) à partir de son dernier album Year Zero. Le leadeur de Nine Inch Nails prévoit d'offrir, pour la version physique de cette compile, un DVD dans lequel seront entreposées toutes les pistes master de Year Zero ; il s'agit des sessions d'enregistrement issues du studio, indispensables pour quiconque souhaite remixer un morceau.

"Il y a plusieurs années, j'ai persuadé ma maison de disque de me laisser publier les fichiers de mon enregistrement master sur nin.com" explique le frontman de Nine Inch Nails. "Beaucoup de choses vraiment funs en sont sorties... Les communautés se sont développées, des sites web furent crées, et même la radio traditionnelle entra dans le jeu en diffusant les mixes des fans." Seule pièce manquante selon Reznor, l'hébergerement. "De nombreux fans intrépides ont fait du bon boulot en fournissant une destination permettant aux gens de publier leurs mixes, mais j'ai senti que c'est une fonction que j'aurais dû mieux soutenir."

Seulement, dès que l'on s'attaque à la question d'héberger les remixes, cela pose problème. Year Zero et l'album de remixes sont tous les deux chez Interscope Records, un label détenu par Universal. Or, Universal est en guerre ouverte avec YouTube et MySpace, où les internautes diffusent des contenus sans son autorisation ; et il est bien connu que les remixes utilisent fréquemment des samples issus de différentes sources dont l'auteur n'a pas forcément les droits d'utilisation. "Ils partent du principe que si un fan décide de remixer un de mes masters avec du contenu qu'Universal ne possède pas - un "mash-up", un sample, ou n'importe quoi d'autre - et qu'il le dépose sur le site, il n'y a pas d'exception légale au regard du DMCA et ils feront exactement ce que MySpace et YouTube font. Ce comportement pourrait être repris par la cour et avoir un impact sur leurs poursuites."

Bref, c'est par peur de se voir décrédibiliser devant le tribunal qu'Universal a insisté pour que nin.com héberge lui même ces remixes et en assume la responsabilité. En échange, la major autorise Trent Reznor à diffuser ses masters, mais demande malgré tout au chanteur d'obliger les remixeurs en herbe à signer un contrat stipulant qu'ils n'utilisent pas de contenu non autorisé. "Si ils le font quand même, tout le monde poursuit tout le monde et la Terre s'arrête soudainement de tourner" ironise-t-il. Quoiqu'il en soit, Trent Reznor se dit profondément affecté par le fait que les détenteurs de contenu continuent "d'étouffer l'innovation face à la révolution numérique" et promet de vite trouver un moyen de mettre en oeuvre son idée

A voir l' annonce sur le site "mort né" de NIN-remix
http://remix.nin.com/

greed.jpg

Le texte ( en anglais)

19 November 2007:   Copyright Fun
Several years ago I persuaded my record company to let me begin posting my master recording files on nin.com, in order to see what kind of user-generated content would materialize from my music. I had no agenda… the main reason I did it was because I thought it was cool and something I would have liked to do if it was available to me. A lot of really fun stuff started to happen….communities developed, web sites were created, even traditional radio got in the game and began playing the fans' mixes. I felt the experiment, despite not having a specific purpose, was a success. So much so19 November 2007:   Copyright Fun
Several years ago I persuaded my record company to let me begin posting my master recording files on nin.com, in order to see what kind of user-generated content would materialize from my music. I had no agenda… the main reason I did it was because I thought it was cool and something I would have liked to do if it was available to me. A lot of really fun stuff started to happen….communities developed, web sites were created, even traditional radio got in the game and began playing the fans' mixes. I felt the experiment, despite not having a specific purpose, was a success. So much so that we're now releasing a remix album that includes some of this fan-created material as well as the actual multitrack master files for every song from my latest record, Year Zero.

One piece was missing to me and that was an official nin.com presence for aggregating all of the fan-created remixes. Several intrepid fans had stepped up and done a great job providing a destination for people to post these, but I felt all along this was a function I should more directly support. So, upon release of this new remix album, our plan has been to launch an official site on nin.com that would provide a place for all fan remix material and other interactive fan experiences.

Or so I thought.

On Saturday morning I became aware of a legal hitch in our plans. My former record company and current owner of all these master files, Universal, is currently involved in a lawsuit with other media titans Google (YouTube) and News Corp (MySpace). Universal is contending that these sites do not have what is referred to as "safe harbor" under the Digital Millennium Copyright Act, and therefore are in copyright violation because users have uploaded music and video content that is owned by Universal. Universal feels that if they host our remix site, they will be opening themselves up to the accusation that they are sponsoring the same technical violation of copyright they are suing these companies for. Their premise is that if any fan decides to remix one of my masters with material Universal doesn't own - a "mash-up", a sample, whatever - and upload it to the site, there is no safe harbor under the DMCA (according to Universal) and they will be doing exactly what MySpace and YouTube are doing. This behavior may get hauled out in court and impact their lawsuit. Because of this they no longer will host our remix site, and are insisting that Nine Inch Nails host it. In exchange for this they will continue to let me upload my Universal masters and make them available to fans, BUT shift the liability of hosting them to me. Part of the arrangement is having user licenses that the fans sign (not unlike those on MySpace or You Tube) saying they will not use unauthorized materials. If they WERE to do such a thing, everybody sues everybody and the world abruptly ends.

While I am profoundly perturbed with this stance as content owners continue to stifle all innovation in the face of the digital revolution, it is consistent with what they have done in the past. So... we are challenged at the last second to find a way of bringing this idea to life without getting splashed by the urine as these media companies piss all over each other’s feet. We have a cool and innovative site ready to launch but we're currently scratching our heads as to how to proceed.
More to come….

By the way, the potential implications of a lawsuit like this one go well beyond creating hurdles for a Nine Inch Nails remix site. Here is an excerpt from technology site Ars Technica regarding a similar lawsuit Viacom has filed against YouTube:

The DMCA's Safe Harbor provisions aren't just important to video sharing sites; they're important to almost every sector of Internet-based business.
"Nearly every major Internet company depends on the very same legal foundation that YouTube is built on," said von Lohmann. "A legal defeat for YouTube could result in fundamental changes to its business, potentially even making it commercially impossible to embrace user-generated content without first 'clearing' every video. In other words, a decisive victory for Viacom could potentially turn the Internet into TV, a place where nothing gets on the air until a cadre of lawyers signs off," he said. "More importantly, a victory for Viacom could potentially have enormous implications for Yahoo, eBay, Amazon, MySpace, and many other Internet companies, because they all rely on the same DMCA Safe Harbors to protect many facets of their businesses, as well. The stakes are high all around."

Indeed. that we're now releasing a remix album that includes some of this fan-created material as well as the actual multitrack master files for every song from my latest record, Year Zero.

One piece was missing to me and that was an official nin.com presence for aggregating all of the fan-created remixes. Several intrepid fans had stepped up and done a great job providing a destination for people to post these, but I felt all along this was a function I should more directly support. So, upon release of this new remix album, our plan has been to launch an official site on nin.com that would provide a place for all fan remix material and other interactive fan experiences.

Or so I thought.

On Saturday morning I became aware of a legal hitch in our plans. My former record company and current owner of all these master files, Universal, is currently involved in a lawsuit with other media titans Google (YouTube) and News Corp (MySpace). Universal is contending that these sites do not have what is referred to as "safe harbor" under the Digital Millennium Copyright Act, and therefore are in copyright violation because users have uploaded music and video content that is owned by Universal. Universal feels that if they host our remix site, they will be opening themselves up to the accusation that they are sponsoring the same technical violation of copyright they are suing these companies for. Their premise is that if any fan decides to remix one of my masters with material Universal doesn't own - a "mash-up", a sample, whatever - and upload it to the site, there is no safe harbor under the DMCA (according to Universal) and they will be doing exactly what MySpace and YouTube are doing. This behavior may get hauled out in court and impact their lawsuit. Because of this they no longer will host our remix site, and are insisting that Nine Inch Nails host it. In exchange for this they will continue to let me upload my Universal masters and make them available to fans, BUT shift the liability of hosting them to me. Part of the arrangement is having user licenses that the fans sign (not unlike those on MySpace or You Tube) saying they will not use unauthorized materials. If they WERE to do such a thing, everybody sues everybody and the world abruptly ends.

While I am profoundly perturbed with this stance as content owners continue to stifle all innovation in the face of the digital revolution, it is consistent with what they have done in the past. So... we are challenged at the last second to find a way of bringing this idea to life without getting splashed by the urine as these media companies piss all over each other’s feet. We have a cool and innovative site ready to launch but we're currently scratching our heads as to how to proceed.
More to come….

By the way, the potential implications of a lawsuit like this one go well beyond creating hurdles for a Nine Inch Nails remix site. Here is an excerpt from technology site Ars Technica regarding a similar lawsuit Viacom has filed against YouTube:

The DMCA's Safe Harbor provisions aren't just important to video sharing sites; they're important to almost every sector of Internet-based business.
"Nearly every major Internet company depends on the very same legal foundation that YouTube is built on," said von Lohmann. "A legal defeat for YouTube could result in fundamental changes to its business, potentially even making it commercially impossible to embrace user-generated content without first 'clearing' every video. In other words, a decisive victory for Viacom could potentially turn the Internet into TV, a place where nothing gets on the air until a cadre of lawyers signs off," he said. "More importantly, a victory for Viacom could potentially have enormous implications for Yahoo, eBay, Amazon, MySpace, and many other Internet companies, because they all rely on the same DMCA Safe Harbors to protect many facets of their businesses, as well. The stakes are high all around."

Indeed.


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#29 21-11-2007 10:40:39

Alphonse
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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

il va quand ême jusqu'au bout de son idée le Trent...


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#30 21-11-2007 18:32:55

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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

C' est clair....
big_smile


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#31 21-11-2007 18:35:05

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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

La cantatrice Barbara Hendricks imite la formule Radiohead
(21/11/2007)
http://www.ratiatum.com    

On pouvait s'attendre à ce qu'un groupe rock technophile comme Radiohead embrasse les opportunités offertes par Internet pour se passer des maisons de disques et proposer aux internautes une formule originale d'achat : choisissez vous-même le prix que vous souhaitez mettre dans notre album. On l'attendait moins de l'une des plus célèbres cantatrices, Barbara Hendricks, qui vient également de mettre en vente son dernier album Endless Pleasure sans fixer le prix du téléchargement. L'internaute décide lui-même du prix qu'il est prêt à payer.

Hasard ou coïncidence, Hendricks a enregistré depuis 1975 plus d'une cinquantaine de disques chez EMI... la même maison de disques que celle de Radiohead. Tous les deux ont décidé de la quitter pour continuer seuls leur aventure, en relation directe avec leur public. La diva a créé son propre label Arte Verum en janvier 2006, en constant qu'il est "possible aujourd’hui pour un artiste de contrôler les efforts créatifs réalisés depuis le début des répétitions jusqu’à la salle de concert, puis au-delà dans le studio d’enregistrement, et même directement auprès du public". "Au cours des 30 dernières années, j’ai eu le privilège et la liberté de chanter et d’enregistrer le répertoire que j’aime, avec des partenaires que je respecte et que j’admire. Néanmoins, la vie de ces disques, qui sont le fruit de longues années de travail, n’était plus entre mes mains, et ceci va changer", expliquait Barbara Hendricks au moment de la création du label.

SurArteVerum.com, les internautes peuvent écouter les 23 titres de l'album Endless Pleasure en streaming et surtout le télécharger au format MP3 320 kbps, en fixant eux-mêmes le prix qu'ils souhaitent payer. La pochette et le livret au format PDF sont inclus. De plus, "si le prix que vous avez choisi est supérieur à 7€, vous pourrez également choisir de télécharger les deux autres albums produits par Arte Verum au même prix unitaire".

Mais plus remarquable encore, l'opération est dirigée par Believe, un aggrégateur français de musique indépendante (qui travaille principalement à placer les artistes sur les plateformes de musique en ligne et à faire leur promo), qui pourrait donc décider en cas de succès de répéter l'expérience avec d'autres artistes de son répertoire : Bob Sinclar, Charles Aznavour, Les Fatals Picards, Cerrone...

le mouvement s' amplifie et se diversifie.....


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#32 21-11-2007 19:50:02

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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

La news sur rsr....

Alors que radiohead se félicite du succés de leur initiative, que Trent Reznor (nine inch nails) lance Saul Williams sur le même terrain, c' est au tour de BARBARA HENDRICKS,de proposer elle aussi son dernier album,Endless Pleasure,sur son propre label (ARTE VERUM) en téléchargement selon la formule:PAY AS YOU WANT.
Le principe est simple, les internautes/auditeurs fixent eux même le prix de l' album téléchargé(format MP3 320 Kps+ livret en pdf)
Ancienne de l' écurie EMI ( comme Radiohead),la soprano aux douze millions d'albums vendus dans le monde,souhaite désormais "assurer elle-même la production et une meilleure diffusion de ses œuvres".

Mais, d'autres "artistes" montent au créneau (aprés tout de même un certain silence proche du wait and see) pour dénoncer ces initiatives:

    * Le leader de Tool,keenan, évoque un «coup de pub», pour rajouter que «de nombreux musiciens veulent plus d’indépendance, et plus de contrôle sur leur destin. Mais ce ne sont que des artistes, et pour le business, ils ne prennent pas toujours les bonnes décisions.»


    * Youssou n dour parle "d'idées délirantes", bien que partisan de la diffusion sur le net ( pardon plutôt lire "vente") il pense "qu’il aurait fallu fixer un prix minimum pour avoir une certaine garantie. Car l’aspect économique est primordial: si les internautes obtiennent l’album de Radiohead en mettant 1 ou 2 euros, c’est la création qui est tuée. Or si les artistes n’ont pas de quoi manger, ils ne vont pas pouvoir créer", tout en émettant de préciser que la part reçue par radiohead suite à la vente d'un album...est plus importante que celle reçu aprés ponction de tous les intermédiaires, major en priorité, et même à deux euros dans un schema de vente classique ( la moyenne du prix d' achat étant de 8 euros ...)


    * Enfin , en France, Elodie Frégé (oui rappelez vous, TF1, un chateau, armande...)a dit:"«si le public n’achète plus d’albums, la scène et les droits d’auteurs pourraient-ils suffire à financer les artistes?Radiohead a donné un album en cadeau. C’est un luxe qu’on ne peut se permettre que lorsqu’on est un groupe superstar comme eux.»

une histoire a suivre?


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#33 22-11-2007 10:54:09

dusklight
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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

pfff il y aura toujours des moutons et d'autres qui auront une réelle envie de sortir la tête de la merde. Alors à ces derniers commentaires j'ai envie de répondre : restez de bons gros moutons qui engraissent tous les profiteurs autour de vous et arrêter de critiquer ce que vous n'êtes pas capable de faire car vous n'avez aucune volonté. ce n'est pas parce que certains ont du courage et qu'ils ont envie de liberté qu'il faut forcément leur cracher dessus. Ce ne serait pas de la jalousie ça ? Ils sont pathétiques.

Bravo à tous les artistes qui se prennent en main je suis persuadé que ça marchera dix fois mieux sans intermédiaire pourris au milieu.

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#34 29-11-2007 13:42:34

Esprit-Libre
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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

Bravo barbara, ça m'étonne pas d'elle, rencontré il y a bien longtemps  pour un festival, j'avais déjà remarquer qu'elle avait de grosse difficulté a supporter ça maison de production edition
Ensuite je laisse ceux qui font du bruit gerber leur peur,
Ceci dit affaire a suivre tongue

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#35 29-11-2007 15:13:18

lsotis
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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

Ben faut dire aussi que les bons gros moutons bien graisseux (pour reprendre l'expression de hackrow) sont bien dans leur graisse, justement, et voix d'un mauvais oeil un monde où ils pourraient avoir à partager leur gros gâteau.
Ils sont vraiment sur une autre planète en fait. Une planete où ils peuvent tout maîtriser.
Un peu comme à Marseille où un rappeur ne peut rien faire pour se faire connaître s'il ne passe pas par le réseau mis en place par IAM.
Reste que ces artistes qui peuvent se permettre (pour les plus fainérants) de ne faire que quelques dates pas an et vivre sur les ventes d'albums (et les droits mais ça, je comprends plus) en oublient qu'un nombre d'artistes incommensurablement plus important arrivent à vivre (souvent petitement, certe) à vivre de leur art sans vendre de cd.
Et si un nouveau modèle pouvait se trouver permettant plus de visibilité à ceux qui n'ont pas la chance d'intégrer une major, et bien justement, la culture ne s'en porterai que mieux, plutôt qu'être lobotomisés par des lavages de cerveaux à coup de single formatés à base de vieilles recettes pour pas prendre de risque commercial, le tout imposé à des artistes kleenex se sentant obligés de subir ou étant aveuglé par des espérances de gloire en croisant notre JH national sur un plateau de la Star Ac... pfff navrant !

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#36 30-11-2007 11:06:24

dusklight
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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

le problème c'est que le gateau c'est eux wink

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#37 30-11-2007 15:02:40

Esprit-Libre
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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

ouai le gateau c'est eux , alors on entame quoi aujourd'hui  lol

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#38 10-01-2008 12:45:26

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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

Trent Reznor déçu par les chiffres de Saul Williams
(07/01/2008)

   

"Je ne suis pas sûr de ce que j'attendais mais ce pourcentage semble décourageant." Voici le constat que porte Trent Reznor sur l'expérience de distribution qu'il a mené avec Saul Williams. Pour rappel, le frontman de Nine Inch Nails produisait l'année dernière le nouvel opus de Saul Williams. Les deux artistes décidaient alors de reprendre l'initiative de Radiohead en commercialisant deux versions de l'album sur Internet : l'une gratuite, et l'autre payante (5 $). Mais si Radiohead refuse aujourd'hui de dévoiler ses chiffres, Trent Reznor n'hésite pas une seconde. "Je voudrais partager mon expérience avec la sortie de The Inevitable Rise and Liberation of NiggyTardust, de Saul Williams, et ce que j'ai appris de l'opération. Peut être qu'en révélant toutes nos données - notre "linge sale" - nous pourrons contribuer à trouver une meilleure solution."

Au 2 janvier 2008, 154.449 internautes avaient téléchargé The Inevitable Rise and Liberation of NiggyTardust. 18,3 % (28.322) ont opté pour la formule payante. Parmi ceux qui ont payé, 70 % ont choisi le format MP3 à 320kbps, 19 % le FLAC, et 11 % le format MP3 à 192kbps (le même que pour la version gratuite). A titre de comparaison, l'album précédent de Saul Williams s'était vendu à 33,897 exemplaires. "Gardez à l'esprit qu'aucun centime n'a été dépensé pour marketer cet album" explique Reznor. "Le seul marketing a été, pour Saul et moi, de dire à autant de gens que possible de l'écouter. [...] Je dois admettre que les personnes au courant du projet doivent essentiellement venir des fans de Saul et de NIN, car il y a eu très peu de couverture médiatique en dehors de notre influence directe. Si cette hypothèse est correcte - que la plupart des gens ayant choisi de télécharger l'album de Saul proviennent de sa base de fans ou la mienne - le fait que moins d'une personne sur cinq ait jugé bon de donner 5 $ est-il une bonne nouvelle ?"

Il est vrai que l'argent est ici perçu directement par les artistes et ne se voit pas amputé par un label, les frais de fabrication et son budget marketing. Mais d'un autre côté, explique Reznor, "nous avons trop dépensé (rectification, j'ai trop dépensé) pour faire cet album avec les meilleurs, pour le studio, pour les frais d'intervenants, le contrat d'édition, l'utilisation de samples, les coûts de bande passante, et personne ne s'est enrichi grâce à ce projet. Mais la musique de Saul est dans plus d'iPods que jamais auparavant et les gens s'intéressent à lui. Il tournera pendant l'année et nous continuerons de répandre l'info n'importe où nous allons. Donc si vous êtes un artiste cherchant à utiliser cette méthode de distribution, faites ce que vous voulez de ces chiffres, j'espère qu'ils vous aideront."

source:ratiatum.com

somerights20.fr.png


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#39 10-01-2008 12:48:45

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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

Tasmin Little veut faire tomber les préjugés en diffusant gratuitement son album
(10/01/2008)

   


La distribution gratuite d'albums chez les grands noms de la musique est décidément dans l'ère du temps. Chaque fois, on y trouve des justifications différentes. Pour Radiohead, il s'agissait vraisemblablement de tenter le gros coup médiatique ; pour Saul Williams, d'envoyer balader ces "esclavagistes" de labels ; pour Barbara Hendricks, de récupérer le contrôle de ses disques ; pour Prince, de diffuser sa musique à autant de monde que possible ; et pour la petite dernière, Tasmin Little, de faire tomber l'image élitiste de la musique classique.

Tasmin Little est une des plus grandes violonistes britannique. Portée au nues par la BBC, elle s'est construite une solide réputation dans le milieu et a joué avec les plus grands orchestres. Pour son nouvel album, "Naked Violin", l'artiste a décidé de l'offrir en téléchargement gratuit dès la semaine prochaine sur son site. "La musique classique, pour une raison ou une autre, se traîne une réputation qui veut qu'il faudrait avoir un certain type d'éducation pour l'écouter, avoir une certaine couleur ou vivre dans un certain lieu, et j'en ai assez de tout ça" explique la violoniste.

C'est bien louable, mais en même temps, est-ce le fait de laisser son album en téléchargement gratuit y changera quelque chose ? C'est plutôt déplacer le paradigme vers un autre endroit. Il arrive souvent que l'on confonde les possibilités d'Internet (à savoir, de pouvoir s'ouvrir à beaucoup de personnes) avec leur application concrète. Wikipedia ne fait pas de chacun de nous des scientifiques chevronnés. Tasmin Little a l'air de croire un peu trop vite qu'on peut réduire au seul prix d'un disque le frein psychologique qui le réduit à un certain type de public. Mais si un genre de musique se distingue particulièrement pour ses bas prix dans le commerce, c'est bien la musique classique ; et ce n'est pas parcequ'un disque d'interprétations de Bach est vendu moins cher que le dernier album de Christophe Mae que le jeune adolescent va modifier son choix pour ce premier.

La musique classique souffre effectivement de l'image qu'elle se coltine. Les opéras, par exemple, redoublent d'efforts pour attirer les non-initiés, et pour cause, son public ne se renouvelle pas, ce qui l'amène petit à petit au déclin. Offrir la musique sur Internet va-t-il changer quelque chose à la donne ? Certains ont en tout cas l'air d'y placer quelques espoirs. Mais les pratiques sociologiques ne se résument pas aux seules possibilités techniques, et ce n'est pas parce que l'on promeut une distribution plus innovante que l'on changera pour autant la face de son public. Notons qu'à l'instar de Radiohead ou Barbara Hendricks, Tasmin Little était une habituée de chez EMI. La major traumatiserait-elle ses artistes au point de les pousser à épouser le gratuit sur Internet ?

L'album de Tasmin Little comporte trois travaux. Deux issus du domaine public (Bach et Eugene Ysaye), et l'autre non (Paul Patterson). Rappelons que domaine public ou non, l'oeuvre n'est pas pour autant libre car l'artiste qui en est l'interprète a des droits dessus.

source:ratiatum.com

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#40 10-01-2008 12:52:00

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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

Radiohead : et si tout ça n'était qu'une sombre farce ?
Publié le Vendredi 14 décembre 2007, à 11H11 (+0100 GMT)
Par Cédric Ledauphin

   

Deux mois après le lancement très remarqué de son album, Radiohead revient sur un mode de commercialisation traditionnel. Et si, finalement, cette opération n'avait eu d'autre ambition que de constituer un bon coup de pub pour Rainbows ? Quand une simple opération marketing prend le risque de se transformer en "business model" pour toute l'industrie.


Cela fait quelques jours que Radiohead a mis fin à cette expérience largement médiatisée qui consistait à laisser l'internaute décider lui même du prix qu'il voudrait mettre dans son dernier album. L'initiative a surpris tout le monde et l'enthousiasme fut tel qu'il en poussa d'autres à suivre la même voie, de Saul Williams à Barbara Hendricks. Pourtant, les contradictions sont là et bien réelles, et Radiohead ne fait rien pour y mettre un terme.

D'abord, sur les chiffres réels de l'opération, seul moyen pour nous de vérifier si elle fut bien un succès comme le groupe le prétend. Deux mois après, Radiohead n'a toujours rien concédé, et quand comScore s'essaie à une évaluation un peu moins reluisante que ce qui avait été dit auparavant, les concernés se contentent de la nier en bloc, sans pour autant avancer autre chose que leur bonne foi.

Et maintenant Radiohead abandonne l'initiative pour revenir aux circuits traditionnels. D'accord, il était prévu dès le début de l'opération qu'une commercialisation physique ait lieu, mais on percevait cela comme une ouverture, pas comme un brusque virage à 180°. Pourquoi ? Parce qu'elle était destinée à ceux qui sont plus habitués à acheter des CDs chez leur disquaire que de surfer sur le Web à la quête de MP3, ce qui était complètement justifiable. Or, ici, le groupe envisage de mettre ses morceaux en vente sur iTunes, ce qui signifie qu'il s'agit bien d'un retour au modèle traditionnel et non pas d'une ouverture aux laissés pour compte d'Internet. Si l'expérience de Radiohead avait été si concluante, pourquoi ne pas avoir gardé son système de "je décide quel prix mettre" concomitamment avec la vente traditionnelle ?

"C'était une solution après la série d'albums" expliquait il y a peu le manageur du groupe Chris Hufford au New York Times. "Je doute que ça marcherait de la même façon la prochaine fois." Voyez, on est bien loin du discours euphorique que l'on trouvait dans la bouche de la plupart des observateurs - Ratiatum y compris - voyant dans cette initiative le signe d'un bouleversement des industries culturelles.

Autre chose, la campagne de promotion autour de Rainbows a été orchestrée de manière "gargantuesque". On aura rarement vu un tel teasing, un tel jeu de piste monté autour de cette sortie. Le groupe n'hésitait pas à lâcher des indices très énigmatiques autour de son bébé, au point de faire cogiter des mois durant les fans sur l'interprétation qu'ils devaient en tirer. Dès le départ, Rainbows misait clairement sur le buzz. Et qu'est-ce qu'a engendré l'initiative gratuite de Radiohead à sa sortie ? Le gonflement de ce buzz d'une manière considérable. La presse entière en a parlé, même dans des journaux qui, en temps normal, n'auraient pas relayé l'information, à l'instar de Ratiatum.

Et maintenant le doute. Si l'expérience de Radiohead n'avait été rien d'autre qu'un simple élément dans une ambitieuse campagne marketing ? Si il ne s'était agit que d'un énorme coup de pub, quitte à en payer l'insuccès ; d'un simple rouage dans l'énorme mécanique promotionnelle du groupe ? Nous l'avons vu, Radiohead ne considère pas cette initiative comme une solution à long terme, une nouvelle façon de commercialiser ses disques, mais simplement comme un truc à essayer.

Dans cette hypothèse, le groupe aurait tapé extrêmement juste. Il aurait profité de l'idéologie forte régnant sur Internet autour de la gratuité pour colporter son oeuvre. Une façon de promettre monts et merveilles, de copiner avec une communauté sous de faux semblants.

"C'est certainement une bonne publicité, mais je pense que c'est une sorte d'avilissement de la musique" expliquait Nicky Wire, membre du groupe de rock les Manic Street Preachers au Daily Star. "La musique est habituellement un marché ; maintenant tout devient numérique. C'est inquiétant que le cinéma va bien, que les jeux vidéo vont bien, mais pas la musique. Le phénomène de téléchargement gratuit ruine l'industrie."

Bien sûr, ces propos un peu hâtifs sont à prendre avec des pincettes, car il n'est pas prouvé que ce soit le gratuit qui ruine l'industrie. En revanche, on peut lui concéder un point, c'est que l'initiative de Radiohead ait renforcé l'idée chez les internautes selon laquelle la musique devait être payable au mérite ou à l'envie. Et pourtant, il semble bien que le groupe n'y ait vu qu'un moyen de mieux vendre, un peu comme on distribuerait des échantillons gratuit de shampoing à la sortie d'une fac.

Si tel est le cas, Radiohead joue avec le feu. Son initiative a été suivie par d'autres et si tout le monde commence à se prêter au jeu, peut être qu'un jour l'industrie entière en sera réduite à devoir systématiquement commercialiser ses oeuvres de la même manière, qu'elle le veuille ou non. Cela annoncerait alors la naissance d'un nouveau "business model" fondé sur quelque chose qui n'en avait jamais eu la prétention.

source:ratiatum.com

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Lancé sur support traditionnel le 2 janvier dernier, l'album «In Raibows» de la formation Radiohead est parvenu à conquérir les palmarès nord-américains.

Aux Etats-Unis, «In Rainbows» a connu un faux départ la semaine dernière en débutant en 156e position du Billboard 200 parce l'album a été vendu dans des magasins avant la date de sortie officielle. Toutefois, «In Rainbows» s'est rattrapé en faisant un bond jusqu'en première position avec des ventes de 122 000 copies vendues au cours de la dernière semaine.

On est bien loin des ventes de «Hail to the Thief» qui a avait débuté avec des ventes de 300 000 copies mais il faut dire que l'album a été offert pendant plusieurs semaines à l'automne dernier en téléchargement numérique sur le site du groupe à un prix qui était décidé par les internautes.

source:matin quebec


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#41 10-01-2008 13:06:59

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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

Mercredi 19 décembre 2007

Voilà qui devrait ravir les fans de Cold War Kids. Le quatuor californien propose en effet son premier EP, Mulberry Street, sorti en 2005, en téléchargement gratuit via son site Internet.

Le titre de ce premier EP est une référence à un restaurant italien situé près de l'appartement où résidait le guitariste Jonnie Russell. Le combo offre ce tout premier EP en remerciement à ses fans.

D'après le chanteur Nathan Willett, "Mulberry Street a été enregistré en un jour dans un studio/garage en échange de quelques travaux d'intérieur et la somme de 60 dollars".

Avant de réaliser leur premier album studio Robbers & Cowards en 2006, la formation avait sorti deux autres EP de six titres: With Your Wallet Full et Up in Rags. Ce n'est pas la première fois que les Cold War Kids offrent un EP à leurs fans. L'année passée, à la même période, les "enfants de la guerre froide" avaient proposé un EP de reprises, Benefit at the District, selon le même schéma.

La liste des titres:

   1. The Soloist In The Living Room
   2. Heavy Boots
   3. Quiet, Please!
   4. The Wedding
   5. In Harmony In Silver
   6. Don't Let Your Love Grow Away (from me)

source:http://www.ramdam.com/actu/2007/07150.htm

Une neuws un peu vielle... mais qui un exemple du lien entre fan et artistes qui propose des goodies ou autres choses  à leur fan...

ou bien  peut on y voir aussi un dispositif inverse: une fois que l' album/ep est commercialisé ou rentabilisé, le groupe peu mettre en telechargement gratuit  son album.... une autre piste de réflexion????


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#42 10-01-2008 17:21:26

Spoon
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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

L'album de radiohead , celui sortit dans  le commerce sous forme de disque , n'est il pas accompagné d'un bonus dvd assez conséquent ? Je pense qu'ils  l'ont fait sortir  pour les fans " ultra " , je l'ai télécharger en ce qui me concerne  pour la somme de 2 £  , mais je n'acheterais pas le disque en  dur ,  il s'agit sans doute d'une  initiative pour les fans qui volait  un support matériel .

Dans le cas contraire , je serais assez déçus...

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#43 11-01-2008 10:51:36

dusklight
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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

pour Saul Williams qui a vendu 33,897 album avec une major et 28.322 sans major franchement la différence est ridicule. ça fait que 5000 personnes en moins mais la différence est que l'intégralité de l'argent leur revient directement et ne passe pas par les poches des majors qui se sucrent un bon 60%. Donc en définitive, si trent reznor n'avait pas abusé sur la qualité ultra-pro pour l'enregistrement etc bah ils se seraient pas mis dedans. Comme il le précise en plus il n'y a eu aucun budget publicitaire, juste le bouche à oreille des communautés du net (et la presse quand même qui en a fait l'esclandre mais sans avoir à la payer pour qu'elle en parle) finalement il me semble que c'est franchement bien rentable comme concept.

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#44 11-01-2008 11:34:11

lsotis
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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

Bon ça démontre bien que tout ça reste à affiner, développer. Il y a quand même un truc qui me gêne dans tous ces textes... c'est le mot "gratuité".
Et le libre dans tout ça ? Continuons-nous à crier haut et fort que Libre n'est pas égal à Gratuit ?
Quand on lit tout ça, l'analogie peut paraitre plus qu'évidente non ?
Autant je n'aime pas le circuit traditionnel, autant l'idée de devoir accepter (d'une manière générale, hein ?) que la musique doit être gratuite, ça ne me plait guère. D'autant que, qu'on le veuille ou non, le fait de prôner que la musique doit être gratuite, une très grande majorité de gens vont finir par penser que la musique est un art secondaire et ça, c'est une crainte à ne pas négliger.
L'industrie du cinéma se porte bien, la population, de part toute la communication faite sur le sujet, intègre de plus en plus que "pirater" un film, c'est "pas bien"... et les même ont beaucoup moins de scrupule à télécharger de la musique illégalement sans vergogne. C'est vrai aussi que l'on entend souvent parler de répression contre les pirateurs de film, beaucoup moins pour la musique.
Bref, je suis un partisant du "pay as you like", à 100%... surtout si celà peut permettre de s'émanciper du circuit classique. Par contre, par principe et même si mon groupe vend très très peu, en pensant à tous, je refuserai l'idée que la musique puisse être simplement gratuite. Je préfère employer des terme comme "accessible" sans vouloir jouer sur les mots car comment arriver à imposer l'idée d'un "pay as you like" en parlant de gratuité !

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#45 11-01-2008 11:54:45

dusklight
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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

oui mais de la même manière comment imposer l'idée du "pay as you like" sans donner gratuitement au public de quoi écouter pour se faire une idée s'ils aiment ou pas ce que tu fais ? Je ne pense pas que les gens suscités ci-dessus n'aient réellement parlé de gratuité mais bel et bien de payer un prix libre en fonction de ses moyens et de ses goûts. Si les gens n'arrive pas à comprendre que si le mot "prix" est indiqué c'est que c'est pas gratuit, ils faut qu'ils retournent prendre des cours de français.

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#46 11-01-2008 12:28:09

lsotis
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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

Comme quoi la perception de chacun... wink En attendant, le plus flagrant pour moi concerne l'article concernant Tasmin Little.
Pour que les gens écoutent, il y a justement cette notion d'accessibilité, de distribution libre... mais le mot gratuit, encore une fois, me gêne. Alors bien sûr, c'est un peu jouer sur les mots, quand on télécharge un titre ou un album en libre distribution, l'acte est fait gratuitement. Reste que pour moi, la notion de partage est importante. Et le partage, ce n'est pas forcément le fait de dire : "voilà, mon travail, je te le donne". Et le partage ne veut pas forcément dire que le retour doit être forcément en monnaie sonnante. Mais il me semble important qu'il faille sensibiliser que pour toute chose que l'on rend accessible, il est important qu'il y ait une notion de "retour", en fonction des moyens de chacun, même si ce retour n'est pas une obligation.
Enfin, j'espère que je me fais bien comprendre.

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#47 12-01-2008 12:34:40

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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

Et le partage, ce n'est pas forcément le fait de dire : "voilà, mon travail, je te le donne". Et le partage ne veut pas forcément dire que le retour doit être forcément en monnaie sonnante. Mais il me semble important qu'il faille sensibiliser que pour toute chose que l'on rend accessible, il est important qu'il y ait une notion de "retour", en fonction des moyens de chacun, même si ce retour n'est pas une obligation.
Enfin, j'espère que je me fais bien comprendre.

j' aime lire des trucs comme cela ....
c' est une grosse partie de la "philosophie" qui unie pas mal de gens à l' origine et sur rsr....


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#48 28-01-2008 14:18:55

Spoon
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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

Le tout jeune groupe de Pop/Electro Laki Mera , portée par la chanteuse Laura Donnelly , à mis son premier album en téléchargement gratuit via  le sitehttp://www.rolinc.co.uk/lakimera.htm , l'album est hébergé sur  le site Rapidshare . Cette initiative est une collaboration entre le journal " The Herald " et le groupe. Le site propose aussi de faire une donation au groupe via Paypal , si sa vous  à plus . L'album est également disponible en écoute intégrale via http://www.lastfm.fr/music/Laki+Mera/Clutter.

J'ai personellement beaucoup aimé l'album , qui n'est pas sans rappelé Radiohead ou Bjork ( deuc influence dont  le groupe se réclame ) , dite moi ce que vous en pensez !

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#49 10-02-2008 14:19:37

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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

Si tu veux soutenir l'artiste, n'achète pas son disque...
Publié le Jeudi 07 février 2008, à 9H17 (+0100 GMT)
Par Cédric Ledauphin
source: Ratiatum




Benn Jordan, à la tête du label Alphabasic, a joint à sa dernière sortie un petit texte à destination des téléchargeurs que l'on peut trouver dans le .NFO de l'album. Dedans, il y remet en cause l'idée selon laquelle les artistes peuvent être soutenus grâce à l'achat de leur CD.


La crise du disque frappe en premier les plus précaires de la chaîne. Depuis quelques années, la scène electronique expérimentale est mise à mal. Ceux qui ont constitué les fleurons de ce que l'on appelle l'IDM (Intelligent Dance Music) peinent à trouver leur place. Certains ont changé de voie (Warp vers le rock, Planet Mu vers le dubstep) ; d'autres n'ont plus sorti de disques depuis un bout de temps (Schematic) ; et les derniers ferment simplement (Sublight Records en juin 2007).

Il n'est pas rare de les voir tenus par des passionnés qui y investissent des fonds sans en récupérer l'investissement, à l'image de Sublight Records ou d'In Vitro Records en France (dont la survie est dûe à l'activité commerciale de l'entreprise qui le gère). Certains tentent alors le tout pour le tout. Pour la dernière sortie de The Flashbulb, voici ce que son producteur Benn Jordan laisse comme message à l'intention de l'auditeur.

"Salut l'auditeur... le téléchargeur... le pirate... le pseudo-criminel...

Si tu peux lire ça, c'est sûrement que tu as téléchargé cet album d'un réseau Peer-to-Peer ou d'un Torrent.

Tu t'attends sûrement à ce que le reste de ce message te dise que tu nuis aux musiciens et que tu enfreins toutes les lois sur la propriété intellectuelle. Et bien non.

Ce que je voudrais te dire, c'est que ma maison de disque comprend qu'une grande partie des gens piratent la musique parce que c'est plus facile que de l'acheter. Les CDs se rayent facilement, la plupart des sites de téléchargement payant proposent des titres de basse qualité et protégés par ces foutus DRM, et les vinyles sont presque impossibles à trouver et se faire livrer sans soucis. Dans la plupart des cas, je me demande pourquoi les gens continuent finalement d'acheter des CDs. Quelques uns pour l'artwork palpable, d'autres parce qu'ils ne se sont pas encore adaptés au MP3, mais la plupart le font parce qu'ils ont un profond amour dans la musique et veulent soutenir les artistes qui la font. Un façon de se redonner, l'espace d'un instant, foi en l'humanité, hein ?

Bon, et puis maintenant ? Tu aimes l'album ? Tu t'apprêtes à aller "supporter l'artiste" sur iTunes ? Bien, ne le fais pas. Alphabasic est actuellement en procès contre Apple parcequ'AUCUN titre de notre catalogue, y compris Sublight Records [NLDR : Depuis sa fermeture, Alphabasic en a récupéré une partie du catalogue], ne reçoit une once de royalties de l'énorme quantité de titres vendus sur iTunes.

Tu veux acheter un CD juste pour montrer ton soutien ? Si tu n'aimes pas particulièrement les CDs, ne t'embêtes pas. Les revendeurs comme Best Buy ou Amazon mettent les prix si hauts que leur part est souvent 8 fois plus grande que ce que les artistes touchent. En plus, la plupart des CDs sont fait dans un plastique non recyclable qui laisse une sale empreinte sur l'environnement.

Si t'aimes les CDs, achètes les d'un label (dans notre cas, alphabasic.com). Une fois les coûts de fabrication dégagés, nos artistes reçoivent habituellement plus de 90 % de l'argent qui sort de ton portefeuille. De plus, tous nos produits physiques sont faits en matière 100 % recyclable.

Tu veux montrer ton soutien ? Viens ici et parcours notre catalogue de téléchargements sans DRM et sans perte de qualité. C'est déjà fait ? Alors libre à toi de donner ce que tu veux à ton artiste favori. Tout lui reviendra. Tu peux même donner juste un penny pour le remercier.

Si t'aimes vraiment The Flashbulb - Soundtrack To A Vacant Lite et que tu veux montrer ton soutien sans que ça aille à ces rapaces de revendeurs et distributeurs, alors clique sur le bouton en bas. Si tu nous envoies ton adresse e-mail, Alphabasic peut t'envoyer occasionnellement divers goodies (surplus de stock, stickers, et même des CDs rares) en remerciement et encouragement pour ton soutien.

Merci d'avoir lu. Qui sait si mon petit business plan fonctionnera pour lancer de nouvelles sorties ? Même un échec serait toujours mieux que ce minable système de label/distributeur/revendeur que les musiciens se coltinent depuis 50 ans. Nous espérons que tu prendras autant de plaisir à écouter la musique que nous en avons eu à la sortir. Si tu prévois de partager cette sortie, merci d'y inclure ce fichier [NDLR : le .NFO lié à l'album et dans lequel est écrit le texte]. L'unique raison, c'est qu'il nous permet de montrer à l'auditeur où il peut soutenir ses artistes favoris !"

Tout est dit. Au final, les labels "équitables", labels "communautaires" et autres farces dernièrement émergées du net ne sont que des tentatives de se placer là où tout le monde cherche un chaînon manquant. Peut être l'un d'entre eux réussira à percer, sait-on jamais, mais il semble que ce ne soient là que des avatars devant leur naissance au seul contexte transitionnel actuel.

La véritable innovation ne semble pourtant pas s'esquisser chez ces prophètes qui prétendent avoir tout compris de la toile. Elle se trouve chez ces labels ou ces groupes qui ont le courage de faire table rase sur le passé et de repartir sur des bases complètement neuves.

Alors, on pourra toujours questionner autant qu'on veut la viabilité économique du modèle proposé par Alphabasic. Il n'empêche que Benn Jordan a compris une chose essentielle. On ne rétablit par un contrat de confiance bafoué en jetant un autre type de poudre aux yeux de l'auditeur. On commence par être honnête avec lui, proposer quelque chose de qualité, passer un nouveau type de marché, et avoir la modestie d'accepter son éventuel échec.

Ne soyons pas trop naïfs. L'avenir de la musique ne sera sûrement pas conduit par des gens comme lui. Souhaitons tout de même que son opération soit un succès car elle le mérite amplement.

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#50 10-02-2008 14:28:01

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Re : [Dossier - observatoire] la Revolution de l' industrie du disque ?

Musique : L’ère de l’après-CD a commencé
par Christophe Alix
source: www.ecrans.fr

De la musique comme s’il en pleuvait.

Partout, tout le temps, sur une multitude de supports, déclinée à toutes les sauces et dans une multitude de modèles économiques. Malgré un bilan 2007 encore une fois très morose (-17% de ventes sur le marché français et -50% sur cinq ans), le 42e Marché international du disque et de l’édition musicale (Midem) de Cannes s’est clos sur une note d’espoir.

Espoir que la démultiplication des canaux musicaux à l’ère du numérique finisse enfin par faire mentir ce nouvel adage selon lequel « jamais on a autant écouté de musique, jamais on ne l’a si peu payée ». Espoir que, après avoir fait carton plein dans la vente d’abonnements et d’appareils high-tech en se servant de la caverne d’Ali Baba musicale des réseaux comme produit d’appel, les fournisseurs de technologies et d’accès à Internet trouvent dans des offres de contenus attractives un nouveau relais de croissance. Espoir enfin qu’à défaut de ne pouvoir remporter « l’impossible guerre contre le piratage », comme l’a nommée l’activiste et juriste américain Lawrence Lessig, la future loi antipiratage française, qui viendra en discussion fin mars au Sénat, permette un rééquilibrage des usages à l’avantage du numérique « légal », c’est-à-dire « monétisable » en espèces sonnantes et trébuchantes pour l’industrie du disque.

Dans cette recomposition qui prend forme, tous les coups ou presque sont permis et « tout le monde marche sur tout le monde » comme le reconnaissait un dirigeant d’opérateur mobile croisé à Cannes. En six points, voici la nouvelle playlist de l’industrie pour s’imposer dans le monde impitoyable de la musique numérique.
La publicité à défaut d’alternative

C’est le musicien Peter Gabriel, homme de l’année pour le Midem 2008, qui le dit. « Pour les jeunes, le modèle payant est dépassé. Aujourd’hui, le prix de la gratuité passe par la publicité ». Comme sur We7, la nouvelle plateforme de téléchargement qu’il vient de créer. Entre « mirage et effet de bulle » comme l’a justement écrit le journal de la profession Musique Info hebdo, le modèle publicitaire cherche toujours ses marques.

Il en a été abondamment question à Cannes avec la tentative avortée de lancement, totalement surréaliste, du service de P2P « légal » new-yorkais Qtrax, qui promettait l’eldorado musical pour tout de suite avec 25 à 30 millions de titres en accès libre et la rétribution de leurs ayants-droits par la pub. Sauf que les majors ont une à une démenties avoir signé un accord avec ce mystérieux site pour l’exploitation de leurs catalogues et que la « bombe Qtrax », lancée à grands renforts de fastueuses RP (1,5 million de dollars dépensés sur le Midem avec des concerts privés de James Blunt, LL Cool J, le chanteur des Eagles Don henley) a fait pschitt.

Plus sérieusement, les maisons de disques et les auteurs se sont résolus en 2007 à passer leurs premiers accords de partage de revenus publicitaires avec la floraison de webradios à la demande, réseaux « sociophoniques » du web 2.0 et autres plateformes de musique gratis qui ont éclos sur la toile. Des français Deezer, Airtist ou Musiline aux américains Spiralfrog et Imeem en passant par le juke-box en ligne last.fm racheté par le network CBS, la plupart de ces sites très communautaires et misant sur l’interactivité de leurs membres privilégient la diffusion de musique en « streaming », c’est à dire sans possibilité de la télécharger sur son ordinateur, baladeur ou téléphone. Un modèle encore incertain mais que l’industrie du disque est désormais prêt à accepter pourvu qu’il y ait « quelque chose à monétiser » comme le dit un patron de major.

All taxes long

Licence globale ou pas, l’idée de taxer le plus grand nombre de fournisseurs d’accès à la musique entendus au sens très large (fabricants de high-tech, opérateurs Internet et mobile, nouveaux médias en ligne, etc.) afin de dégager des revenus pour l’industrie musicale est une revendication constante du secteur depuis l’irruption de la nouvelle donne technologique. Un mécanisme qui existe déjà depuis longtemps en France par exemple, avec la taxe sur la copie privée payée par les fabricants de matériel et régulièrement élargie à de nouveaux produits comme récemment pour les fabricants de disques durs.

Plus éloigné de la logique libérale anglo-saxonne, le principe d’une taxation généralisée des acteurs de l’Internet a été vivement défendu par Paul McGuiness, le manager de U2 très applaudi à Cannes lorsqu’il s’en est pris à ces marchands de technologies qui, dit-il, « chevauchent librement la musique en se remplissant les poches ». Selon lui les fournisseurs d’accès à l’Internet ainsi que les géants des technologies tels que Dell, Microsoft ou Apple ont vendu ces dernières années des millions de produits en aiguisant l’appétit musical des internautes sans que cela ne rapporte un centime à ceux qui vivent de la création musicale. « Ils gardent tout pour eux », a dénoncé Paul McGuiness qui s’en est pris à ces héritiers des « valeurs hippies » enrichis sur le dos des créateurs en donnant aux consommateurs les moyens de pirater leurs oeuvres. Citant en exemple la riposte française au téléchargement, il a appelé ces nouveaux acteurs de la musique à « protéger la musique qu’ils distribuent » et « partager leurs énormes revenus avec les fabricants et propriétaires de contenus ».

Ca s’abonne et ça revient

C’est la formule magique sur laquelle mise la profession pour faire enfin rimer musique numérique avec de très conséquents revenus. Différentes offres de musique par abonnement proposés par des fournisseurs d’accès à l’Internet (Neuf, Alice) et des opérateurs mobiles (SFR)ont commencé à apparaître en 2007, avec un certain succès. Elles permettent, moyennement un forfait mensuel inclus dans l’abonnement — 4,95 euros par mois chez Neuf — l’écoute et le téléchargement illimité de musique en toute légalité.

Selon les calculs auxquels se livraient les professionnels dans les allées du Midem, un service de musique illimitée souscrite pour 6 euros de plus par mois par les 14 millions de foyers français abonnés au haut débit dans le cadre de leur abonnement à un FAI représenterait une manne de plus de un milliard d’euros par an ! Bien plus que les 713 millions d’euros de chiffre d’affaires qu’ont rapporté les ventes physiques et numériques en 2007 et pas si loin du pic de 1,3 milliard d’euros de recettes dégagés l’industrie du disque à son apogée, en 2002.

Largement préférées par la profession au modèle plus aléatoire de financement par la publicité, ces « mini-licences globales » commercialisées via les nouveaux « fournisseurs d’accès à la musique » que sont les FAI et les opérateurs mobiles restent encore trop limitées en termes de variété des catalogues. L’offre de Neuf et de SFR ne concerne que le répertoire d’Universal, celle de Alice est circonscrite aux artistes d’EMI, etc. D’où le danger également de morcellement de l’offre musicale éparpillée en une kyrielle de services à la recherche du deal exclusif pour se démarquer de la concurrence. Madonna chez Orange et Radiohead chez Free ?


DRM c’est fini ?

L’année 2007 aura été marqué par le ralliement progressif de l’industrie musicale à la vente de titres et d’albums sans ces verrous technologiques inventés par Microsoft et Apple afin de restreindre l’usage que l’on peut faire de la musique légalement acquise sur les réseaux. En l’espace de quelques mois, les majors du disque (EMI, Warner, Universal et Sony-BMG) ont toutes plus ou moins commencé à débrider leurs catalogues - comme sur la plateforme d’Amazon — et rejoints un mouvement initié par les indépendants.

S’il est encore trop tôt pour dire dans quelle mesure ces achats sans DRM (digital rights management) dopent les ventes d’un marché numérique qui peine toujours à décoller, ces systèmes anti-copie n’ont pas pour autant entièrement disparu du paysage. A la différence des téléchargements à l’acte et définitifs - l’essentiel du marché digital aujourd’hui - pour lesquels on s’oriente vers leur suppression, la question de leur maintien se pose toujours dans le cas des formules d’abonnement. « Ces offres très larges comprendront nécéssairement du DRM », prévient le PDG d’Universal Pascal Nègre selon lequel ce serait de « la folie » de proposer l’accès à plusieurs millions de titres sans la moindre protection.

L’industrie du disque craint que certains en profitent pour télécharger des milliers de fichiers musicaux avant de se désabonner. Un cas de figure rendu possible par les forfaits Illymitics de SFR mais qui ne s’est pas produit à ce jour. Encore minoritaires, certains comme Stéphane Bourdoiseau, PDG du premier indépendant français Wagram, jugent que c’est un risque à prendre afin de rendre ces offres réellement attractives face au piratage, par définition sans aucunes restrictions.

Y’a du mobile dans l’air

Avec une part de marché de 32,6% de la musique numérique, les fabricants et opérateurs de téléphonie mobile deviennent des acteurs clés du secteur. Les 53 millions d’abonnés au mobile en France n’écoutent pas tous, loin de là, de la musique sur leur portable mais le baladeur musical le plus vendu au monde est aujourd’hui le téléphone.

Avec 146 millions de téléphones musicaux écoulés par Nokia en 2007, la musique est bien le meilleur produit d’appel pour l’industrie du mobile. Voilà pourquoi les fabricants comme les opérateurs, très présents au Midem rivalisent dans la surenchère de bouquets de services musicaux mobiles. En attendant l’arrivée de mobiles pré-chargés en musique dès l’achat et la généralisation des technologies de reconnaissance musicale (le téléphone reconnaît automatiquement la musique diffusée), chacun des acteurs affine sa stratégie musicale. Nokia et Sony-Ericsson enrichissent les catalogues de leurs boutiques respectives tout comme SFR et Orange qui jouent la carte de services musicaux « convergents » présents à la fois sur le mobile et l’ordinateur et sans doute bientôt accessibles dans un package liant abonnement à Internet et à un réseau mobile.

Dans cette course au plus grand nombre de « multiple play » en abonnement (téléphone fixe et mobile, accès à l’Internet, à la télévision, à la musique et au cinéma, etc.), pas sûr que le consommateur y gagne en clarté. La multiplication des couches et des intermédiaires n’est pas forcément le meilleur garant de cet accès le plus simple possible à la musique revendiqué par tous.
La musique à 360 degrés

C’est la dernières expression à la mode dans les maisons de disques. Remises en cause dans leurs fondements mêmes par la désintermédiation de la musique à l’ère des réseaux, les acteurs de la filière musicale cherchent à exploiter les artistes comme des marques en diversifiant au maximum leurs activités. Dans sa recherche effrénée de nouvelles sources de revenus, le producteur de musique devient tout à la fois éditeur (la gestion des droits des catalogues), « tourneur » de concerts, patron de salle, manager, vendeur de produits dérivés (merchandising), etc.

D’où ce concept de 360 degrés, cercle d’exploitations tous azimuts autour de la carrière des artistes. Si les indépendants, plus fragiles, ont les premiers compris la nécéssité de ne pas se cantonner aux métiers traditionnels du disque (management, organisation de concerts et salles chez Because Music, édition de livres et DVD pour Naïve), les majors leur ont plus récemment emboîté le pas et poussé leurs artistes à leur signer des contrats « 360 degrés ».

Si Madonna a quitté Warner à l’automne dernier et confié tous ses intérêts à l’organisateur de concerts Live Nation pour 120 millions de dollars, la même Warner vient tout juste de racheter Jean-Claude Camus productions qui gère les tournées de Michel Sardou, Jean-Michel Jarre et Johnny et Front Line management en 2007, agence de carrières d’artistes. Déjà propriétaire de l’Olympia depuis 2001, Universal a pour sa part acquis en 2007 Sanctuary Group (merchandising et tournées) et Sony BMG l’entrepreneur de spectacles Arachnée productions. Il y a de l’intégration dans l’air...


Il m'est odieux de suivre autant que de guider. (Nietzsche)
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